Un supercalculateur Bull pour le nucléaire japonais
Publié le 18/04/2011 - Source : Tom's Hardware
Il est des coïncidences que certains auraient probablement préféré éviter. Alors que le Japon traverse la plus grave crise nucléaire de son histoire (voire de l’Histoire), le CEA (commissariat à l’énergie atomique français) et l’AJEA (agence japonaise de l’énergie nucléaire), mandaté par F4E, viennent de choisir le constructeur du futur supercalculateur destiné à la recherche sur la fusion nucléaire contrôlée qui sera implanté au Japon.
Fusion nucléaire contrôlée
C’est donc le groupe informatique français Bull qui sera chargé de fournir le supercalculateur d’une puissance de 1,3 PFlops. Financé par l’Europe et le Japon, ce supercalculateur relativement proche du Tera-100 (1,25 PFlops) installé au CEA est le troisième de la série bullx. Il devrait être installé sur le site de Rokkasho, sur la pointe Nord de l’île de Honshu (la principale du Japon).
Les « modélisations et simulations les plus avancées dans le domaine des plasmas et des matériaux pour la fusion contrôlée » devraient débuter dès janvier 2012 selon Bull.
1,3 PFlops, des processeurs Sandy Bridge
Techniquement, le supercalculateur bullx qui sera construit réunira 8820 processeurs Xeon Sandy Bridge et sera doté de plus de 280 To de mémoire vive. Le système de stockage atteindra quant à lui 5,7 Po, un système secondaire de stockage de 50 Po étant également prévu. Cette partie dédiée aux calculs sera complétée par 36 système bullx série S et 38 système série R destinés à l’administration du cluster, à la gestion des systèmes de fichiers et à l’accès des utilisateurs.
Le pré/post traitement et la visualisation des résultats seront quant à eux confiés à 32 systèmes bullx série R équipés de cartes graphiques « hautes performances ». Le tout fonctionnera (bien entendu ?) avec la suite Bullx Supercomputer Suite Advanced Edition, et sous un système d’exploitation basé sur Linux. L'installation du supercalculateur à Rokkasho commencera dès le mois de juin.
Fusion nuclaire ?
Contrairement aux réactions de fission nucléaires exploitées au sein des centrales nucléaires actuelles, la fusion contrôlée, bien plus complexe à maitriser, n’a pas encore abouti à des résultats industriels permettant la production d’électricité. A l’heure actuelle, les recherches se concentrent sur deux techniques de confinement du milieu de réaction, à savoir la fusion par confinement magnétique et la fusion par confinement inertiel. L’objectif est de rapprocher deux noyaux légers en surmontant la répulsion naturelle qui s’exerce entre eux en raison de leur charge électrique identique (positive). Les énergies nécessaires à la fusion contrôlée, très élevées, correspondent à des températures de plusieurs dizaines à centaines de millions de degrés. La matière est alors à l’état de plasma thermique. C’est justement la modélisation des réactions au sein de ce plasma, et l’élaboration des matériaux et technologies capable de le confiner qui demande une importante puissance de calcul.