Le consortium AOMedia publie la spécification finale d'AV2, le successeur du codec vidéo AV1
Publié le 04/06/2026 - Source : AOMedia
L'Alliance for Open Media (AOMedia) a franchi une étape importante dans l'évolution de la compression vidéo avec la publication de la première version de sa spécification finale (1.0.0) pour le codec AV2. Cette publication permet désormais aux développeurs de concevoir et d'optimiser des encodeurs et des décodeurs sur une base stable, sans risque d'incompatibilité future.
De AV1 à AV2 : un long processus d'adoption
Fondé en 2015, le consortium AOMedia a lancé le codec AV1 en 2018 avec l'objectif de proposer un format vidéo ouvert et libre de droits pour concurrencer le H.265 (HEVC). L'intégration de l'AV1 par les géants du streaming s'est faite de manière progressive : YouTube l'a adopté dès 2018, suivi par Netflix en 2020 et Amazon en 2024. Parallèlement, la prise en charge de l'accélération matérielle s'est développée chez les fabricants de puces tels qu'AMD, Intel et Nvidia.
L'AV2, dont les premiers essais expérimentaux remontent à 2023, s'inscrit dans la continuité de cette transition technologique.
Une efficacité accrue de 30% pour les flux haute définition
Selon les évaluations officielles d'AOMedia, l'AV2 offre des améliorations de compression par rapport à son prédécesseur. Les rapports font état d'une réduction moyenne du débit binaire (bitrate) de l'ordre de 30% à 34% à qualité visuelle équivalente, selon les métriques objectives utilisées.
Cette optimisation permet de maintenir une fidélité visuelle similaire à celle de l'AV1 tout en consommant moins de bande passante, ce qui réduit les coûts de distribution de contenu pour les diffuseurs. Ces gains d'efficacité ciblent en priorité les formats à haute résolution, notamment la 4K, l'8K et les flux HDR.
Pour atteindre ces performances, l'AV2 intègre plusieurs évolutions techniques, parmi lesquelles :
Des techniques avancées de prédiction intra et inter-images.
Une modélisation améliorée des mouvements.
Des outils de transformation et de filtrage optimisés.
Des structures de partitionnement plus flexibles.
Des méthodes de codage entropique mises à niveau.
L'obstacle de la complexité de calcul
Toutefois, cette baisse de la consommation de bande passante s'accompagne d'exigences techniques accrues pour le matériel de lecture. Jean-Baptiste Kempf, président de VideoLAN, indique que l'efficacité du codec se traduit par une hausse significative de la complexité de calcul.
Selon ses estimations actuelles, le décodage de l'AV2 requiert environ cinq fois plus de puissance que celui de l'AV1. Cette contrainte rend la lecture logicielle particulièrement difficile sur une grande partie des processeurs (CPU) du marché actuel. Par conséquent, l'adoption à grande échelle de l'AV2 dépendra probablement de l'intégration préalable de puces de décodage matériel dédiées dans les appareils grand public.
Malgré ce défi technique, l'AOMedia maintient des prévisions optimistes et anticipe que près de 88% de ses membres mettront en œuvre cette nouvelle spécification d'ici le second semestre de l'année 2027.