De passage à Paris, Bill Watkins, le PDG de Seagate, a bien voulu préciser la position du leader mondial des disques durs sur l’épineuse question des SSDLes SSD (Solid-State Drive) sont des volumes de mémoire de masse qui utilisent des puces de mémoire flash là où les disques durs utilisent des disques.... Watkins n’a pas changé d’avis : la mémoire flash est trop chère et le restera pour que les SSD deviennent rapidement un produit grand public.
Les SSD ont gagné une bataille
Par contre, les SSD sauront rapidement trouver leur place dans les entreprises et surtout dans ce qu’il est convenu d’appeler le Tier 0. Il s’agit des gros serveurs de fichiers (ceux contenant l’index de Google par exemple) qui doivent répondre à une seule demande : la plus grande vitesse de lecture possible. Et pourquoi ce marché ? Parce qu’aujourd’hui les fournisseurs de serveurs sont obligés de recourir à des grappes de disques 15 000 tr/min en RAID, dont seulement les pistes extérieures sont utilisées (car ce sont les plus rapides). Le coût, la taille, la consommation électrique de tels engins sont ahurissants, et des SSD dotés de mémoires rapides peuvent faire tout aussi bien en performances sans les mêmes inconvénients.
Pour ce type de marché Seagate introduira donc une série de SSD dès juin 2009. Le seul détail que Watkins a bien voulu partager avec nous aujourd’hui est que ces SSD seront hybrides : ils utiliseront un mélange de mémoire SLC et de mémoire MLC, pour combiner performances et capacité.
Les consommateurs préfèrent les disques durs
Pour le reste, Seagate ne croit pas au SSD. Et les faits donnent jusqu’à présent raison à Bill Watkins, au moins en partie. Prenons les netbooks par exemple. À leur lancement, les observateurs pensaient que 85 % seraient livrés avec des SSD, à cause du rapport cout/performance de ces disques, et parce que les netbooks ne devaient pas posséder un espace de stockage important. Les consommateurs en ont décidé finalement tout autrement, puisqu’aujourd’hui 85 % des netbooks vendus sont équipés de disques durs ! Le consommateur souhaite en effet retrouver sur son netbook la même facilité de stockage que sur un PC portable classique... ou un baladeur.
À la recherche de valeur ajoutée
Cela ne veut cependant pas dire que Seagate ignore totalement les SSD. La firme investit en réalité assez lourdement dans le secteur, à raison de 100 millions de dollars par an, en recherche et développement. Ses millions sont utilisés pour réfléchir à des contrôleurs plus performants, à des modifications des systèmes de fichiers pour les adapter à la structure des mémoires Flash. Comme tous les autres acteurs de ce marché finalement (Microsoft, Sandisk, etc.). Et c’est bien là que semble se jouer la guerre du SSD : parvenir à maîtriser le premier l’optimisation qui permettra de doper réellement les performances sans recourir à de la couteuse mémoire SLC.