Depuis le lancement de Free Mobile, SFR va mal. L'opérateur a subi une hémorragie de clients soit vers Free, soit vers les autres offres low cost telles que Sosh ou B&You. Les comptes sont dans le rouge et plus inquiétant, SFR ne semble pas en mesure de proposer une vraie réaction (non, pas Joe mobile). La maison mère Vivendi cherche une issue, qui pourrait être un mariage de sa filiale malade.
Plusieurs confrères révélaient il y a deux semaines que Vivendi envisageait de fusionner SFR avec Numéricâble, dont l’actionnaire majoritaire est le fonds américain Carlyle. Les discussions seraient bien avancées de ce côté, mais Vivendi ne serait pas encore totalement décidé et aurait pris également contact avec Iliad. Ce scenario a priori improbable aurait de nombreux avantages selon une note des analystes de Natixis.
D'une part, Iliad est en bien meilleure santé que Numéricâble. La locomotive Free pourrait remettre SFR sur les rails de la croissance. D'un point de vue réseau, les technologies Free et SFR sont plus proches. Les deux opérateurs pourraient mettre en commun leur parc d'abonnés fixes et mobiles et devenir ensemble un acteur aussi gros qu'Orange. Ils pourraient également mutualiser les investissements très lourds dans la fibre optique et le déploiement d'un réseau 4G. Natixis évalue ces synergies opérationnelles potentielles à 1,3 milliard d'euros.
Toutefois, il est probable que le régulateur des télécoms ne voit pas cette fusion d'un bon oeil. L'ARCEP a milité depuis de longues années pour l'introduction d'un nouvel opérateur télécoms afin de dynamiser la concurrence. Sa disparition après tout juste un an d'existence n'irait évidemment pas dans le bon sens.