Si Windows 8 va fonctionner sur une architecture ARM, les spécifications demandées semblent assez élevées. Concrètement, les SoC (puce tout-en-un) actuels ne sont généralement pas assez puissants pour animer correctement le système de Microsoft et ce sont les futures générations qui seront choisies. Voici quelques informations sur les plateformes choisies par Microsoft.
DirectX 9.3
Le point le plus important est la présence d'une puce vidéo compatible avec Direct3D 9.3, une API Microsoft utilisée dans Windows 8. Si les tablettes en démonstration à l'IDF sur des versions de développement de Windows 8 se contentent des actuels Adreno 220 ou PowerVR SGX540, la version finale devrait se limiter à des GPU plus performants. Et au niveau des processeurs, c'est le même problème : les solutions de développement utilisent des CPU moins performants que ce que l'on va retrouver au final. Au vu des tablettes de développement, un GPU de la prochaine génération (Serie 5XT chez PowerVR, Adreno 22x chez Qualcomm) est nécessaire, tout comme au moins un processeur de classe Cortex A9 avec deux cores.
Qualcomm et Snapdragon
La version de développement fonctionner sur une tablette à base de MSM8660 : un SoC composé de deux cores Scorpion et d'un GPU Adreno 220. C'est matériellement assez proche de la (célèbre) TouchPad d'HP. Pour les versions commerciales, on devrait avoir des modèles à base de processeurs Kraits (plus rapides) avec deux ou quatre cores aidés par un GPU Adreno 225 (compatible Direct3D 9.3) ou 320 (plus rapide). Au niveau performance, le Kraits devrait se placer entre le Cortex A9 actuel et le futur Cortex A15, tout comme Scorpion se place entre le A8 et le A9.
Texas Instrument et l'OMAP4
Chez Texas Instrument, si les tablettes de test utilisent le classique OMAP4 4430 (comme la PlayBook de RIM), c'est l'OMAP4 4470 (et peut-être même l'OMAP5) qui devrait animer les tablettes vendues dans le futur. L'OMAP4 4430 propose deux cores Cortex A9 et un GPU PowerVR SGX540 alors que le 4470 propose aussi deux cores Cortex A9 — à 1,8 GHz — mais surtout un GPU PowerVR SGX544, qui est compatible Direct3D 9.3. De plus, un contrôleur 2D destiné à la composition est aussi présent, ce qui peut accélérer certains traitements dans l'interface.
NVIDIA et Kal-El
C'est NVIDIA qui est le mieux placé dans les SoC ARM : le Kal-El et ses quatre cores Cortex A9 fait déjà tourner Windows 8 et le GPU GeForce devrait être significativement plus rapide (au moins 1,5x) que dans Tegra 2. La puce devrait d'ailleurs être disponible en fin d'année. Et les roadmaps indiquent qu'une version « + » de la puce est attendue en 2012, on peut donc s'attendre à un die shrink en 28 nm qui devrait permettre de diminuer les coûts et augmenter la fréquence.
Deux acteurs semblent tout de même absents sur ce marché : Freescale, qui proposent des i.MX6 plutôt performants, et Samsung, dont l'Exynos anime le smartphone le plus rapide du moment, le Galaxy S2.
Dans tous les cas, les tablettes sous architecture ARM devraient offrir des performances au moins du même niveau que les solutions à base d'APU Brazos (AMD) ou d'Atom en 32 nm.