Les imprimantes matricielles sont un lointain souvenir pour beaucoup d'entre vous (et vos oreilles le remercient) mais elles sont très utilisées chez les médecins ou dans l'administration (en Allemagne, 60 % des médecins en utilisent une et 30 % des banques). La raison est simple : il est simple de faire des « copies carbones ». Pour ceux qui l'ignorent, les imprimantes matricielles (ou à aiguilles) utilisent des aiguilles enduites d'encre qui vont aller frapper la feuille pour y déposer un point, avec un « tac tac tac » caractéristique.
L'introduction terminée, parlons de la faille. Des chercheurs voulaient savoir ce qu'écrivait une imprimante sans regarder la feuille (certains ont des occupations bizarres) et ils ont eu une idée : utiliser un micro. En effet, comme le son varie en fonction du nombre d'aiguilles en action et que le nombre d'aiguilles varie en fonction du texte, il est possible de déterminer le texte en fonction du son. Et une fois un dictionnaire des sons des imprimantes créés (la partie qui n'est pas amusante de la recherche), ils ont pu tester leur invention. Alors, ça fonctionne. Avec un taux de réussite de 95 % si le contexte est connu et 72 % dans le cas contraire, on peut se dire que c'est efficace. Mais en fait, non : avec un tel taux de réussite, il faut placer le micro à 10 cm de l'imprimante. avec un micro à 2 m, on descend à seulement 4 %.
Donc, il y a la question ultime : c'est sympathique de hacker une imprimante avec un micro, technologiquement c'est fort, mais si on doit mettre le micro à 10 cm, qu'est-ce qui empêche réellement d'aller lire la feuille directement ?